Retour des corps

"Tant qu'une personne se souvient de toi, tu ne meurs jamais"

Le retour officiel des premiers cercueils des soldats normands ramenés du front a donné lieu le matin du 17 mars 1921, à Rouen, à une cérémonie impressionnante pour laquelle l'administration préfectorale, gênée cependant par les délais prescrits, avait apportée une grande célérité à prévenir les autorités et les sociétés locales pouvant assister à la cérémonie.

Le train, arrivé de nuit en gare du Nord à Rouen, contenait 182 cercueils répartis en sept wagons expédiés de la gare de Creil, devenue en ce moment un immense dépositoire où sont amenés les corps exhumés et identifiés des champs de bataille environnants. Parmi ces 182 cercueils, quatorze seulement étaient pour Rouen ; six pour Sotteville-lès-Rouen, six pour Elbeuf, vingt-huit pour Le Havre, etc... Une trentaine de communes de la Seine-Inférieure doivent recevoir un ou plusieurs cercueils de ce premier convoi.

L’administration préfectorale a fait dresser en face de la gare du Nord, parallèlement au boulevard Gambetta, un baraquement d’environ 35 mètres de long, fort bien aménagé, pour y recevoir provisoirement tous les cercueils amenés à Rouen – gare régionale du département – et précédé, à son entrée, d’une sorte de chapelle funèbre parée de draperies blanches larmées, de motifs tricolores, garnie de plantes vertes fournies par les jardins de la ville. C’est dans cette salle que seront reçues les familles des morts ; elles n’auront pas accès dans le dépôt des cercueils.

A huit heures du matin, une compagnie du 3è génie, commandée par le capitaine Josserand, s’établit en bataille sur la contre-allée ouest du boulevard Gambetta, face au baraquement discrètement décoré de drapeaux tricolores où seront déposés les cercueils. La musique de la 5è division d’infanterie est à la droite de la compagnie. Le capitaine Rousselet, officier de garnison du bureau de la place, veille à tous les détails militaires.

Les autorités arrivent hâtivement ainsi que les représentants des sociétés. A huit heures un quart, M. Lallemand, préfet, descend d’automobile avec M. Labregère, secrétaire général de la préfecture, et M. Marquet, chef de cabinet.

Autour d’eux se groupent les autorités militaires et civiles.

Après avoir fait visiter le dépôt mortuaire aux autorités, le préfet revient sur le boulevard. Il est huit heures et demie.

A ce moment, le train apportant les cercueils orné de drapeaux tricolores, sort lentement de la gare et vient s’arrêter devant le dépôt. La compagnie du génie présente les armes pendant que la musique de la 5è division attaque la Marseillaise. L’instant est solennel. Toutes les têtes sont découvertes.

Des employés des pompes funèbres sont près de chaque wagon. D’un même geste, les sept portes sont ouvertes et font apparaître les cercueils des héros, morts pour la patrie, recouverts du drapeau tricolore. Après les discours, c’est ensuite le défilé devant les cercueils pendant que la musique militaire exécute la Marche funèbre de Chopin, et un dernier remerciement du préfet aux autorités, aux sociétés, à tous ceux qui sont venus saluer la dépouille des braves tombés au champ d’honneur. La funèbre cérémonie était terminée avant 9 heures.

Source : AD 76 Cote JPL 3_263 - Journal de Rouen 18 mars 1921

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